Qu'est-ce que la cession de parts sociales ?
La cession de parts sociales est l'opération par laquelle un associé (le cédant) transfère tout ou partie de ses parts à un tiers (le cessionnaire) ou à un autre associé. Contrairement à la cession de fonds de commerce, la cession de parts sociales transfère la propriété de la société elle-même, avec tous ses actifs, ses dettes, ses contrats et ses engagements.
Cette distinction est fondamentale : l'acquéreur de parts sociales reprend l'intégralité du passif de la société, y compris les dettes fiscales, sociales ou contractuelles antérieures à la cession. D'où l'importance d'un audit de la société (due diligence) avant toute transaction.
Les étapes d'une cession de parts sociales
Étape 1 : La valorisation
C'est l'étape fondatrice. La valorisation détermine le prix de référence à partir duquel cédant et cessionnaire vont négocier. Elle doit être réalisée selon des méthodes reconnues pour être opposable à l'administration fiscale et aux autres associés (droit de préemption).
Étape 2 : L'information des associés
Dans une SARL, les parts sociales sont en principe librement cessibles entre associés. En revanche, la cession à un tiers extérieur nécessite l'agrément des associés représentant au moins la moitié des parts sociales (sauf clause statutaire plus favorable). La procédure d'agrément doit être respectée sous peine de nullité.
Étape 3 : La rédaction de l'acte de cession
L'acte de cession de parts sociales doit être établi par écrit (acte sous seing privé ou acte notarié). Il doit mentionner : l'identité des parties, le nombre de parts cédées, le prix de cession, les garanties accordées (garantie d'actif et de passif — GAP), et les conditions suspensives éventuelles.
Étape 4 : Les formalités fiscales et légales
La cession de parts sociales est soumise à un droit d'enregistrement de 3% du prix de cession (après abattement de 23 000 € × quote-part cédée). Elle doit être enregistrée auprès du service des impôts dans le mois suivant la signature. La modification des statuts et le dépôt au greffe du Tribunal de Commerce sont également obligatoires.
Les 5 méthodes de valorisation utilisées par les experts-comptables
1. Multiple EBE — La méthode du repreneur
L'EBE (Excédent Brut d'Exploitation) mesure la performance opérationnelle de l'entreprise avant amortissements, charges financières et impôts. C'est l'agrégat préféré des repreneurs car il reflète la capacité de l'entreprise à rembourser un emprunt de reprise.
Valeur d'Entreprise = EBE pondéré × multiple sectoriel (2,0× à 7,5× selon secteur)
2. Multiple REX — La méthode de l'investisseur
Le REX (Résultat d'Exploitation) tient compte des dotations aux amortissements, reflétant ainsi le niveau d'investissement nécessaire pour maintenir l'outil de production. Il est utilisé dans les secteurs à fort capital (industrie, transport).
3. PER — La méthode du cédant
Le PER (Price Earnings Ratio) capitalise le résultat net. C'est la méthode la plus favorable au cédant car elle valorise le bénéfice après impôts. Le PER sectoriel pour les PME françaises varie de 5× à 12,5×.
4. Goodwill Barnay-Calba — La méthode patrimoniale enrichie
Méthode de référence de la CNCEC, elle additionne la valeur patrimoniale (ANCC) et la valeur immatérielle (Goodwill). Elle est particulièrement adaptée aux entreprises avec un fort actif net ou une clientèle fidèle bien établie.
5. Multiple CAF — La méthode de la capacité de remboursement
La CAF (Capacité d'Autofinancement = RNET + DAP) représente la trésorerie générée par l'activité. Elle est utilisée par les banques pour évaluer la capacité de remboursement d'un emprunt de LBO (Leverage Buy-Out).
Les erreurs à éviter lors d'une cession
Erreur 1 : Utiliser une seule méthode
Chaque méthode a ses avantages et ses limites. Un expert-comptable utilise toujours plusieurs méthodes et retient la médiane ou une fourchette. Une valorisation basée sur une seule méthode est fragile et contestable.
Erreur 2 : Ne pas retraiter les éléments exceptionnels
Les résultats exceptionnels (plus-values de cession, provisions exceptionnelles, charges non récurrentes) doivent être exclus du calcul pour ne pas fausser la valorisation. Un EBE "gonflé" par des éléments non récurrents conduit à une surévaluation.
Erreur 3 : Oublier la garantie d'actif et de passif
La GAP est une clause contractuelle par laquelle le cédant garantit à l'acquéreur que l'actif net de la société est au moins égal à celui présenté lors de la cession. Sans GAP, l'acquéreur assume seul les risques de passifs cachés.
Erreur 4 : Négliger l'optimisation fiscale
La plus-value de cession de parts sociales est imposable. Selon le régime fiscal du cédant (IR ou IS) et la durée de détention, différents abattements et régimes peuvent s'appliquer (régime des dirigeants partant à la retraite, apport-cession, etc.). Une consultation fiscale préalable est indispensable.
Conclusion
La cession de parts sociales est une opération qui se prépare plusieurs années à l'avance. Une valorisation rigoureuse, réalisée selon les 5 méthodes reconnues, est le point de départ incontournable. ValeurParts vous permet d'obtenir cette valorisation en quelques minutes à partir de vos bilans, pour un prix accessible à toutes les PME.